pollution

Situation alarmante, voire dramatique, est le constat établi hier lundi lors de la conférence de presse animée par Bruno Démontet, fondateur de l’association française MED (Méditerranée en danger). 
Ce scientifique s’était exprimé en présence d’un auditoire composé d’universitaires, scientifiques et de chercheurs algériens regroupés au Centre de loisirs scientifiques (CLS) de Annaba. A titre d’arguments, Démontet a présenté une multitude de zones du Bassin méditerranéen mais aussi des océans Atlantique et Pacifique atteintes de la pollution au microplastique. 
Énumérant avec précision les facteurs qui y sont à l’origine, il a pointé du doigt l’élément humain et certaines industries dont la production ne respecte aucune norme de la préservation de l’environnement. Durant plus de deux heures d’intervention, le chercheur français n’a épargné aucun aspect lié à cette pollution tant dans la rive nord que celle du sud de la Méditerranée. «En termes de pollution au microplastique, la situation de la mer du milieu (Méditerranée) a atteint le point de non retour. Ce qui atteste, du reste les séquences photo et vidéo réalisées par nos plongeurs chercheurs sur le littoral de plusieurs pays du nord méditerranéen. 
Au sud, selon les premières constatations au Maroc et en Algérie, la situation n’est pas reluisante». Il a cité les propos d’un pêcheur de Béjaïa affirmant que parfois il ramène dans ses filets 40% de déchets et 60% de poisson. Avant de préciser que «le microplastique, c’est toute la chaîne alimentaire qui va du plancton à l’homme qui est concernée». Pour cette mission sur le littoral algérien, entamée à partir d’Oran, puis Alger, Béjaïa, Skikda et enfin Annaba, les principaux animateurs à bord du voilier laboratoire «Hainez», se sont fixé comme objectif la mise en place de protocoles expérimentaux et lelancement de campagne de sensibilisation à destination du public sur les méfaits de la pollution au microplastique. 
Cette situation de pollution de la rive sud de la Méditerranée notamment en Algérie, a été, d’une certaine manière, confirmée par Mme Bouslama Zihad, directrice du laboratoire de recherche Ecostaq de l’université Badji-Mokhtar de Annaba, et du chercheur dans le même laboratoire Emir Berkane, également coordonateur algérien de l’expédition MED. A travers leurs multiples recherches et analyses de l’eau de mer ainsi que de l’environnement en général, ces deux scientifiques algériens sont pour beaucoup dans l’alerte de l’opinion et des pouvoirs publics quant au danger que représente la pollution marine au microplastique et celle terrestre. Ce qui a, d’ailleurs, valu l’intéressement des scientifiques de l’expédition MED sur le littoral algérien et la volonté de celle-ci de déterminer avec précision le niveau de pollution des côtes algériennes. Il en a résulté un constat préliminaire à prendre très au sérieux en attendant les analyses à effectuer le mois d’octobre prochain. 
Ce sera à l’occasion de la deuxième visite que se sont engagés à réaliser les membres de l’expédition MED, pour peu qu’ils obtiennent les autorisations nécessaires. A signaler que plusieurs centres et laboratoires de recherche européens sont engagés dans les travaux de cette expédition scientifique. Autre objectif dans leur déclaration, les chercheurs soulignent : «Au travers de ces rencontres et de ces échanges à la fois scientifiques et interculturels, le Laboratoire citoyen d’expédition MED entend agir comme un bouillon de culture pour que naisse une conscience environnementale à l’échelle euro-méditerranéenne. Pour que dans toutes les langues des rivages de la Grande Bleue, on puisse dire en chœur : Stop plastic in the sea !». 
L’alerte ainsi donnée en ce qui concerne la pollution au micro-plastique des côtes algériennes est sérieuse. Pour les chercheurs et scientifiques de l’université Badji-Mokhtar et leurs pairs des autres régions du pays, une réaction rapide des pouvoirs publics est attendue. 
A. Bouacha

Source : http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2014/08/12/article.php?sid=167068&cid=2